Du passé au présent, avec Can-Net
Profil de monsieur Des Rasch, A.-G.O.

C'est un amalgame d'histoire et de modernité qui compose le paysage aux abords du lac Érié, dans le sud de l'Ontario. Si de nombreux édifices patrimoniaux parsèment la région, certains étant âgés de centaines d'années, un examen plus attentif révèle également la présence d'une infrastructure dernier cri, poignant discrètement dans ce tableau bucolique : le réseau VRS Can-Net, un ensemble de stations de référence qui, pour l'arpenteur, élimine le besoin d'installer sa propre station de base. Sur le terrain, les utilisateurs s'y connectent par téléphone cellulaire pour recevoir des données GPS en temps réel et en post-traitement. Le réseau VRS réduit aussi considérablement, quand il ne l'élimine pas, l'erreur en ppm issue de l'arpentage RTK traditionnel.

L'une des stations de référence Can-Net du sud de l'Ontario est installée à Dunnville, communauté rurale établie sur les berges de la rivière Grand. Un des joyaux du patrimoine canadien, la rivière Grand forme, avec ses affluents, le plus vaste bassin versant du sud de l'Ontario. Le relief tout en douceur du terrain, constitué à 80 pour cent de terres agricoles et de collines rondes à pente douce, se prête parfaitement aux levés GPS, ce dont se réjouit notamment Des Rasch, arpenteur local et abonné au service Can-Net.

Un peu à l'image de sa région, Des Rasch habite tour à tour le passé et le présent. À la fois arpenteur professionnel et historien amateur, Des est le propriétaire-fondateur de Rasch & Chambers Ltd., bureau d'arpenteurs-géomètres installé depuis 28 ans à Dunnville et qui offre une gamme complète de services. L'entreprise s'est dotée il y a plusieurs années d'un deuxième bureau, à Fort Erie. Elle compte maintenant dix employés, dont deux arpenteurs-géomètres agréés.

À la suite de l'abonnement de Rasch & Chambers au réseau VRS Can-Net, il y a environ un an, l'augmentation de productivité ne s'est pas fait attendre. « Can-Net s'est avéré plus facile, plus rapide et plus économique qu'un système GPS ordinaire avec station de base et mobile », affirme Des. Il ajoute qu'« avant, on pouvait compter 15 minutes pour installer une station de base, et autant de temps pour la désinstaller lorsqu'il fallait se rendre à un deuxième emplacement au cours de la même journée. » De plus, Can-Net élimine le risque de vol d'équipement laissé sans surveillance. « Nous avons été épargnés jusqu'à maintenant, indique Des, mais nous demeurons conscients du risque de vol d'une station de base chaque fois que l'équipe s'éloigne à quelques kilomètres pour travailler avec le mobile. »

Même si, dans le passé, il a adopté plusieurs innovations technologiques qui ont marqué sa profession, Des ne s'est pas laissé convaincre facilement du bien-fondé du GPS. « Le fossé qui sépare la pratique d'arpentage actuelle de celle qui avait cours il y a 28 ans est gigantesque », note-t-il. Avant de passer aux stations totales, il y a 20 ans, Des utilisait des outils de mesure tels que rubans d'acier et théodolites. Il y a 10 ans, il ajoutait à ses outils des carnets d'arpentage, après avoir déterminé que ceux-ci éliminaient les erreurs occasionnées par la consignation manuelle des données sur le terrain. Des a aussi appris à apprécier leurs capacités de chargement et de téléchargement des fichiers.

Aujourd'hui, l'arsenal sur lequel Des peut compter comprend deux systèmes GPS Trimble®, complétés par quatre stations totales, dont une est sans réflecteur. Pourtant, Des n'aurait peut-être jamais expérimenté le GPS, n'eût été la demande pressante d'un employé à temps partiel qui avait travaillé sur des projets partout au Canada. Affirmant que les arpenteurs n'utilisent pas le GPS parce qu'ils en ignorent les avantages, cet employé réussit à convaincre Des d'en faire l'essai. C'était il y trois ans. L'expérience a été si fructueuse que Des a fait l'acquisition d'une station de base GPS Trimble® 5700 et d'un mobile GPS Trimble® 5800. En s'abonnant par la suite à Can-Net, Des a rendu inutile sa station de base, qu'il a convertie alors en deuxième mobile, ce qui lui a permis de doubler d'un coup les outils GPS de son équipe d'arpentage. C'est ainsi qu'à l'heure actuelle, deux équipes peuvent utiliser le GPS et le réseau VRS Can-Net. Des songe même à doter une troisième équipe des mêmes outils!

Grâce à un appareil GPS embarqué, Des peut réaliser le levé topographique d'une parcelle de grande étendue en moins d'une journée - un exploit si l'on considère qu'il faut de trois à quatre jours avec une station totale ordinaire. « La quantité de données collectées par GPS embarqué, sur un véhicule qui se déplace à 12 ou 15 kilomètres-heure, m'impressionne fortement », lance Des. Le GPS permet en outre de tirer parti sur le terrain, très rapidement, de la précision d'un système de référence géodésique, ce qui élimine la nécessité de convertir les données d'altitude en se servant des méthodes traditionnelles, un travail assez laborieux. « Le GPS simplifie également les tâches d'implantation de chantier », soutient Des, qui ajoute : « Notre entreprise a été appelée récemment à établir le tracé des routes, du chemin de fer, des fossés et des bassins collecteurs d'une grande zone industrielle, à titre de sous-traitant. En chargeant les données techniques dans le carnet GPS, nous avons pu exposer facilement l'ensemble des caractéristiques de la zone en question.

Maintenant convaincu des avantages du GPS, Des y a recours pour de nombreuses tâches, dont la réalisation de plans de lotissement, la mesure du volume des dépôts de matériaux et la délimitation de terres agricoles et de lots résidentiels en milieu rural. « Si je vois le ciel, j'utilise le GPS », mentionne Des. Avant d'entreprendre les activités sur le terrain, Des en examine les photos aériennes afin de déterminer si le projet peut être réalisé par une seule personne munie d'un GPS ou s'il nécessitera deux personnes équipées d'une station totale. Bon nombre de projets requièrent, en fait, à la fois GPS et station totale. « Il peut arriver, confirme Des, que nous utilisions le GPS pour recueillir à distance les données fondamentales, avant de nous servir de la station totale sur le chantier même. » Pour exemplifier son propos, il ajoute : « Dans plusieurs projets en milieu rural, 80 pour cent des levés peuvent s'effectuer par GPS, tandis que les 20 pour cent restants nécessitent une station totale. Une telle situation s'explique du fait qu'au-dessus d'une grande partie d'un terrain agricole, la visibilité est excellente, mais que ce terrain contient également un boisé de ferme en bordure arrière ou latérale du lot. Avec le GPS, deux ou trois stations peuvent être installées du côté opposé au boisé et servent à exécuter une polygonation afin de compléter le levé du boisé. Le transfert des données du GPS à la station totale est simple puisque les deux appareils utilisent le même carnet d'arpentage. »

L'enthousiasme de Des en matière de GPS et d'arpentage n'a d'égal que son intérêt pour les artéfacts qu'il a découverts au fil des projets. La rivière Grand a en effet été utilisée comme voie principale de transport pendant des milliers d'années, d'abord par les autochtones de la région, puis par les colons européens, notamment les Loyalistes de l'Empire-Uni. Des y a découvert des instruments primitifs tels que des pointes de projectile, des têtes de marteau, des outils servant à broyer la nourriture et une pierre utilisée pour faire pivoter des morceaux de bois et produire du feu. Il a aussi trouvé d'anciennes pièces de monnaie et de vieilles balles de mousquet, vestiges possibles de la guerre américano-britannique de 1812 et du siège de Fort Erie par les troupes américaines en 1814. Des a consigné avec soin la date et l'emplacement de ses découvertes avant de les ranger.

Des maîtrise aussi bien les plus récentes technologies d'arpentage que les instruments d'époque, dont il adore d'ailleurs faire la démonstration. À l'occasion du Marshville Heritage Festival qui se tient à Wainfleet, en Ontario, pendant la fin de semaine de la fête du Travail, Des, assisté d'autres arpenteurs de la région, présente une exposition historique d'instruments d'arpentage, de cartes, de chaînes et de livres ancestraux. Il reçoit la visite d'un grand nombre des 35 000 festivaliers intéressés à examiner les artéfacts, à discuter de l'ancien temps ou à partager leurs anecdotes à propos d'un vieux jalon d'arpentage ou d'un problème de limite de propriété avec lequel ils sont aux prises. Les enfants peuvent aussi s'amuser à prendre des mesures au moyen d'une vieille chaîne, ce qui leur vaut un certificat signé par un arpenteur-géomètre. Si, en 2007, Des en sera à une 16 e participation, ses vieux instruments servent aussi en d'autres occasions : au cours des 15 dernières années, Des et Tony Roberts, arpenteur à la retraite, ont fait équipe à plusieurs reprises pour donner des présentations sur l'histoire de l'arpentage dans le Haut-Canada à des sociétés d'histoire et à des regroupements de Loyalistes de l'Empire-Uni.

Ainsi, Des conjugue tour à tour le passé et le présent et y trouve dans les deux cas une grande source de satisfaction.

 

Des Rasch, client de Cansel et propriétaire de Rasch & Chambers Ltd., à proximité du barrage Dunnville sur la rivière Grand, à Dunnville, en Ontario. Abonné au réseau de stations de référence GPS Can-Net, il observe ici un point géodésique. Le réseau Can-Net remplace la station de base que Des utilisait auparavant pour effectuer les levés GPS. Quand il ne pratique pas l'arpentage professionnel, Des s'intéresse à l'histoire; il a d'ailleurs découvert certains artéfacts uniques au fil des projets.

Des vêtu de circonstance dans le rôle d'un arpenteur d'un autre temps. Il présente chaque année une exposition historique d'instruments d'arpentage ancestraux, dans le cadre du Marshville Heritage Fair qui se tient pendant la fin de semaine de la fête du Travail à Wainfleet, en Ontario.

Des présentant certains des artéfacts qu'il a découverts au cours de ses activités d'arpentage.